INSPIRATION

Elle est tombée amoureuse du mauvais homme, sa mère l'a séquestrée 25 ans sans voir la lumière du jour

March 30, 2018 12:00

L'histoire de Blanche Monnier est l'un des plus terrifiants exemples de punition parentale que l'on connaisser. En 1876, elle était une séduisante jeune femme de 26 ans à la vie sociale tumultueuse en regard de son appartenance à une famille de l'aristocratie française. Elle menait un train de vie élevé grâce à son père et à un frère qui exerçaient des fonctions administratives importantes. C'est à cette époque qu'elle a fait la connaissance d'un vieil avocat désargenté dont elle est tombée éperduement amoureuse.

 

Et un jour, elle a soudainement disparu. Sa famille a beaucoup pleuré sa perte et plus tard, en 1882, son père est décédé, suivi en 1885 par l'avocat dont Blanche s'était éprise. Tout le monde a oublié la disparition de la jeune femme jusqu'à ce jour du 23 mai 1901, où le procureur général de Paris a reçu une lettre écrite en ces termes :

 

Monsieur le Procureur Général, j'ai l'honneur de vous informer d'un événement exceptionnellement grave. Je fais allusion à une vieille fille qui est enfermée dans la maison de Monsieur Monnier, quasiment morte de faim, et qui vit au milieu de déchets putrides depuis les 25 dernières années. Je veux dire, au milieu de ses propres déchets.

 

La famille Monnier jouissait d'une réputation sans tache ; la mère, qui allait à l'époque sur ses 75 ans, s'était d'ailleurs vu récompenser par le Comité des Bonnes Actions en remerciement de ses contributions à la ville. Néanmoins, la police a décidé d'effectuer une visite à leur demeure afin de vérifier les accusations portées dans la lettre.

Les enquêteurs se sont donc rendus à la maison Monnier, et ont trouvé au deuxième étage une porte fermée. En ouvrant la porte, ils ont été confrontés à une puanteur sans précédent. En avançant malgré l'odeur, ils ont aperçu dans un coin de la pièce une femme sous-alimentée sur un lit. En effet, ses excréments recouvraient toute la chambre. L'un des témoins a déclaré :

 

Dès que nous sommes entrés dans la pièce, nous avons vu au fond de la pièce, gisant sur un lit, la tête et le corps recouverts d'une couverture d'une saleté repoussante, une femme que Monsieur Marcel Monnier a identifiée comme étant sa sœur, la demoiselle Blanche Monnier.

 

 

L'état dans lequel ils l'ont trouvée était véritablement lamentable, elle dormait sur de la paille pourrie et tout autour d'elle était éparpillé un mélange nauséabond d'excréments et de déchets organiques provenant de la nourriture avec laquelle on essayait de l'alimenter. En voyant les policiers approcher, elle a poussé un féroce hurlement et s'est cachée dans le lit. En parcourant le reste de la maison qui, du reste, était impeccable, les agents ont pu constater que tous les autres membres de la famille avaient une hygiène personnelle très soignée.

 

 

Les autorités ont ensuite arrêté la mère, qui a fini par confesser ce qui s'était passé. Son inquiétude de voir sa fille s'unir à un homme ruiné et vieux de surcroît,  était une atteinte à l'honneur de la famille et l'avait conduite à enfermer Blanche dans cette chambre jusqu'à ce qu'elle décide de renoncer à lui. Même après avoir appris la mort de l'avocat, la jeune femme n'a jamais accepté de se plier aux exigences de sa mère qui l'avait donc laissée là. Après plus de deux décennies sans voir la lumière du jour, Blanche avait fini par perdre la raison. Lorsqu'elle a été trouvée, elle ne pesait que 24 kilos, étant donné qu'elle ne se nourrissait que des restes de repas de sa mère, décédée d'une crise cardiaque 2 semaines après son arrestation.

Durant le procès qui a suivi, son frère Marcel a été déclaré complice d'actes de violence et condamné à 15 mois de prison. Blanche a été internée à l'hôpital psychiatrique de Blois, où elle est morte en 1913, la même année que son frère. Bien que personne n'ait jamais su qui avait envoyé la lettre anonyme, Marcel figure sur la liste des auteurs possibles.

Cette affaire a choqué l'opinion publique du pays ainsi que celle du monde entier, et a inspiré le prix Nobel de Littérature André Gide pour son livre, La séquestrée de Poitiers, dans lequel il relate fidèlement le calvaire de Blanche Monnier.

Source : El Confidencial