FAMILLE & ENFANTS

"Sans utérus, tu ne sers à rien" : la difficile histoire d'une femme née sans parties féminines

October 10, 2019 09:25

Le syndrome de Rokitansky entraîne la naissance d'une fille sans cavité vaginale ni utérus et touche environ une fille sur cinq mille. Ce trouble rare est généralement perçu comme tabou et la majorité des femmes qui en souffrent n'osent pas en parler en raison de l'immense symbolisme de ces parties féminines au sein de la société, et dont elles sont exemptes.

Aviez-vous déjà entendu parler de ce problème ?

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L'histoire de Karina

Voici une femme courageuse qui a osé partager sa difficile histoire malgré le poids culturel du syndrome de Rokitansky : il s'agit de Karina Esper, qui a pris conscience de son trouble à l'âge de 14 ans après avoir remarqué qu'elle tardait à avoir ses premières règles. En consultant un professionnel de la santé à ce sujet, on lui a alors donné une explication qui lui a été très dure à comprendre et accepter.

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Un premier diagnostic a conclu qu'elle n'avait pas d'ovaires, et ce n'est qu'à l'âge de 20 ans qu'un autre médecin plus informé au sujet du syndrome de Rokitansky a pu mieux l'informer :

Il m'a dit que je ne pourrai pas tomber enceinte mais que je pourrai avoir une vie de couple normale en me soumettant à une chirurgie. En tant qu'adolescente, quand on vous dit que vous ne pourrez pas avoir d'enfants, vous pensez que votre vie n'aura aucun sens.

KariEsper / Twitter

Karina a ainsi été opérée afin de créer une cavité dans son bas-ventre ; bien qu'elle n'ait pas souffert de complications, le processus de cicatrisation fut extrêmement douloureux, tout comme l'adaptation à un aussi drastique changement dans sa vie.

Ses rapports avec la gent masculine n'ont pas été faciles, tout particulièrement lorsque son premier amour lui a brisé le cœur pour être différente des autres femmes.

Je voulais mourir, littéralement. Je suis tombée dans une profonde dépression, j'avais le sentiment d'être une femme incomplète et la seule personne au monde à avoir ce problème. Par chance, ma huitième psychologue m'a aidée à m'en sortir et grâce à elle, j'ai pu prendre contact avec d'autres femmes qui souffraient du même trouble.

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Aujourd'hui, Karina et ses amies luttent pour sensibiliser la population au sujet du syndrome de Rokitansky et normaliser ce trouble.

Un cas similaire

Tout comme Karina, Joanna Giannouli a parlé de son cas difficile qui a entraîné diverses complications et un rejet social. Cela dit, elle a pu s'en sortir et est aujourd'hui fiancée à un homme qui a su l'accompagner et l'aimer depuis le début, parfaitement conscient de la nature de son trouble.

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Les femmes comme Karina et Joanna méritent tout notre soutien et respect. Leur vie n'a rien de facile mais il nous faut comprendre que malgré leurs différences, elles n'en restent pas moins des femmes. Elles-mêmes le savent, c'est maintenant notre tour de l'accepter et lutter contre le rejet social dont elles pourraient souffrir.