Malgré l'activation de "son téléphone grave danger", une femme est tuée par son mari.

FAMILLE & ENFANTS

Malgré l'activation de "son téléphone grave danger", une femme est tuée par son mari. Une première !

Date July 4, 2018 10:17

Une mère de famille de 35 ans a perdu la vie sous les coups de couteau de son ancien compagnon. L'homme qui s'était rendu coupable de violences conjugales, avait été frappé par une ordonnance de restriction lui interdisant d'approcher la jeune femme et sa commune de résidence. Outrepassant tous ces interdits, il a réussi à pénétrer dans son domicile puis à attenter à sa vie avant que les gendarmes ne parviennent à répondre à l'alerte de son "téléphone grave danger". Ces faits sidérants, qui ne sont pas sans rappeler l'affaire Houria, se sont déroulés il y a quelques jours à Schweighouse-sur-Monder une commune du Bas-Rhin dans une chronologie qui n'a laissé nulle place à la chance.

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10 heures, début des faits

Laetitia Schmitt  et son ex-compagnon Julien Griffon étaient en instance de divorce suite à des actes de violences ayant vu ce dernier se faire infliger une peine d'emprisonnement d'un an avec sursis. Pour sa protection, la jeune femme bénéficiait d'une ordonnance de protection délivrée en décembre 2017 qui lui permettait d'alerter les gendarmes à tout moment grâce à son "téléphone grave danger". Ce lundi, il était 10 heures quand Julien Griffon commet une première infraction en pénétrant chez son ex-compagne. Les enfants, une fille et un garçon âgés de 11 et 10 ans sont en classe et le ton grimpe entre les deux ex-conjoints comme en témoigneront les voisins qui ont alerté les gendarmes.

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10H10 la victime lance l'alerte

Laetitia Schmitt déclenche son "téléphone grave danger" afin d'appeler à l'aide. Comme le prévoit les textes, son alerte est immédiatement traité par l'opérateur de service qui essaie de comprendre ce qui se passe. Aucun bruit ne résonne de l'autre côté du combiné, il recueille la localisation de l'alerte et fait dépêcher les forces de l'ordre sur les lieux, ceux-ci ont quelques minutes d'avance parce qu'ils avaient été appelés par plusieurs voisins, mais cela ne sera pas suffisant.

10H17, découverte du corps

Arrivés sur les lieux, les gendarmes découvrent le corps sans vie de Laetitia Schmitt . La jeune femme a reçu près d'une vingtaine de coups de couteau témoignant  de la rage de son assaillant. Ce dernier est introuvable et le corps gisant de sa victime abandonné sur son perron  rappelle que le "téléphone grave danger" n'est pas une défense imparable pour les femmes battues. 

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La recherche du suspect conduira à une traque. L'homme qui a tenté de fuir la police durant 3 jours, finira par mettre un terme à son existence percuté par un train. Julien Griffon a disparu dans la nuit du mercredi au jeudi emportant avec lui les détails de son crime et en laissant deux orphelins. 

Le sort des enfants après ce terrible drame

Les deux orphelins ont été confiés à leurs grands-parents. Face au drame, de nombreux soutiens et témoignage ne cessent d'affluer sur le compte de la jeune femme. Une cagnotte en ligne a été ouverte pour soulager un tant soit peu les aspects matériels entraînés par le drame. 

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Après la jeune Houria, la victime d’Angoulême poignardée par son ex-conjoint sous la menace d’une expulsion, le cas de Laetitia Schmitt n'est pas sans rappeler que les violences conjugales ne doivent pas être prises à la légère.  En 2017, 543 femmes ont été équipées d'un "téléphone grand danger" et l'année d'avant, les forces de l'ordre et été sollicitées deux fois plus pour venir à l'aide aux utilisatrices de cette assistance. Ces chiffres délivrés par le ministère de la Justice prouvent qu'une femme battue doit lutter pour sa vie. 

Comment se défendre face à un conjoint violent ?

La violence conjugale n'est pas un sujet tabou. L'expérience a prouvé que dans la plupart des cas, les victimes parvenaient à s'en sortir en trouvant de l'aide et du soutien auprès de personnes spécialisées dans ce domaine. Chercher de l'aide n'est donc pas un aveux de faiblesse, bien au contraire. L'aide et le soutien sont indispensables pour s'en sortir, car dans 1 cas sur 2, les victimes se feront à nouveau harceler par leurs anciens partenaires violents. Le cas de Lætitia Schmitt en est la preuve. Certains conjoints violents peuvent mettre des années à réagir. Rares sont ceux qui changent et parviennent à tourner la page, aussi est-il nécessaire de mettre en place le maximum de mesures de sécurité pour se mettre à l'abri de toute récidive.

Le changement d'adresse

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Prendre un nouveau départ dans un nouveau pays, une nouvelle ville ou un nouveau quartier est un bon début pour semer un conjoint violent. Certains très opiniâtres ne se laissent pas arrêter par ce genre de technique, aussi est-il recommandé une fois le changement effectué d'informer les officiers de police les plus proches du domicile et éventuellement les voisins de la situation pour une intervention rapide.

La renforcement de la sécurité à la maison

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Pour les personnes qui ne changent pas de domicile, il n'est pas question de garder les mêmes serrures après avoir éloigné le compagnon violent. A ce propos, d'une façon générale, après les violences, la maison doit devenir un cocon de protection, renforcé par l'installation de portes sécurisées, de caméras de surveillance, de plusieurs systèmes d'alerte à portée de main... ces mesures de protection ont pour but de filtrer les entrées dans la maison pour éviter autant que possible les indésirables. 

Les cours d'auto-défense

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Les cours d'auto-défense n'ont pas nécessairement pour but de mettre le conjoint violent hors d'état de nuire, mais de se prémunir contre ses attaques. Dans de nombreux cas, ces cours ont permis aux victimes de gagner du temps sur leur agresseur en attendant les secours et cela quel que soit l'endroit où se produisent les agressions.

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